Le théâtre sénégalais

La scène nationale sénégalaise

Panorama du théâtre au Sénégal

Contours socioculturels et historiques de l’activité de production théâtrale


Quelques aspects du théâtre sénégalais

C’est en 1903 à l'Ecole Normale de Saint-Louis que débute le théâtre scolaire. L'idée est reprise en 1915 à  l'Ecole Normale William-Ponty de Gorée. C'était des moments créatifs et d'initiation aux jeux scéniques et a l'utilisation d'instruments de musique. Les instituteurs sortaient avec ce patrimoine qu'ils perpétuaient sur le terrain. (Bakary Traoré, Le théâtre négro-africain et ses fonctions sociales,  Paris, Présence Africaine, 1958.)

Dans la littérature, c’est Senghor qui a créé, à travers la figure de Chaka, un personnage lyrique et apparait alors comme le premier en date à avoir représenté les hauts faits du héros zoulou, sous forme de poème dramatique (cf. Ethiopiques, seuil, 1956). Mais ce personnage, déjà magnifié par Thomas Mofolo (dans un écrit romanesque), est très présent dans le théâtre sénégalais. On le retrouvera chez Abdou Anta Ka et Marouba Fall.

Théâtre littéraire et théâtre amateur

Notre réflexion pourrait très bien tourner autour des enjeux et peut-être même des défis concernant les activités de conceptions et de représentation théâtrale, au Sénégal, sous leurs formes littéraires ou populaires, professionnelles ou non professionnelles. Le professionnel passe par des phases d’apprentissage d’un métier, à l’intérieur d’une trajectoire d’acquisition de capacités et de compétences. Son opposé, l’amateur, exerce un don ou s’appuie sur des ficelles pour pratiquer son métier, généralement son gagne-pain. Mais tous les deux contribuent par leurs activités à l’atteinte d’objectifs socioculturels, économiques, politiques et éducatives.


Années 60 à 80

L’arrière-plan socio-culturel et politique

Le début de règne de Senghor est un moment crucial pour l’homme de lettres qui vivait encore sur les idées des intellectuels écrivains et artistes du monde noir, qui se sont réunis en congrès deux fois durant la décennie 60, à Paris en 1956 et à Rome en 1959. Sa représentation des arts et de la culture est donc, à cette époque, à bien des égards, celle des années 50 à 60, partagée par les Africanistes de tous bords.

Sous Senghor, se déploie une grande activité artistique liée au mécénat de l’Etat du Sénégal, à travers la personne de L. S. Senghor qui s’érige en « Protecteur des arts et des lettres ». L’idée de ce type d’encadrement du secteur des arts et des lettres vient de l’histoire de France, avec le roi François 1er, pendant la période de la Renaissance.

Senghor instaure également la tradition des Grands Prix des lettres et des Arts, organisés sous l’égide du Président de la République, qui continuera sous Abdou Diouf, avant de connaitre un certain essoufflement pendant les règnes des présidents Wade et Sall. Il faut dire qu’avec le départ de Senghor, qui quitte le pouvoir en décembre 1980, les arts et la culture perdent leur plus grand soutien. Car le président Diouf que poursuit son image de technocrate embourbé dans les plans d’ajustements imposés par les bailleurs de fonds, ne s’est pas beaucoup embarrassé du développement des activités culturelles, surtout au cours des années de braise, caractérisées par l’opposition farouche orchestrée par Me Abdoulaye Wade. Pendant les années 1980 à 95, cette figure représentative de l’opposition radicale, avec en bandoulière un projet de changement, le Sopi, a animé la vie politique du Sénégal, avec la ferme détermination de prendre le pouvoir. S’ajoute à ce climat de tension politique, les grèves des enseignants et des mouvements revendicatifs du secteur privé. Le règne de Diouf se déroule donc, principalement sous le signe de l’austérité, et sous la pression exercée par Abdoulaye Wade qui a pris son envol et gagné en notoriété.


Les auteurs

Le théâtre historique est largement à la mode au Sénégal, avec Sorano et La prestigieuse troupe du Cercle de la jeunesse de Louga.

1966, La Tragédie du Roi Christophe d’aimé Césaire est jouée par la Troupe dramatique de Sorano

Serigne Ndiaye Gonzales revient au Sénégal en 1965, après avoir bénéficié d’une bourse d’études théâtrales en France, pour préparer le Festival Mondial des Arts Nègres. Il joue avec Laure Camara et Pierre Goudiaby.

Il joue dans une adaptation du Médecin malgré lui, une farce de Jean-Baptiste Poquelin dit Molière (répertoire classique du 17e siècle français).


Le théâtre de Cheikh A. Ndao

1967: L’exil d’Albouri suivi de La décision (théâtre) Paris: Ed. P.J. Oswald Avec Doura Mane, un immense talent qui disparaît prématurément.

1973: Le Fils de l'Almamy, suivi de La Case de l'homme (théâtre). Paris: P.J. Oswald

P. Claudel, Tête d'or, du théâtre religieux français (1923)

Théâtre d'Abdou Anta Kâ en un volume

La fille des Dieux - Les Amazoulous (avec la figure de Chaka)- Pinthioum Fann - Gouverneur de la rosée. Paru chez Présence Africaine, en  1972.

Thierno Ba, Lat-Dior ou le chemin de l'honneur

Publication à compte d'auteur, avant 1960. L'ouvrage est édité en 1975 par les Nouvelles éditions africaines (NEA)

Amadou Cissé Dia, Les derniers jours de Lat-Dior (drame en cinq actes) ; La mort du Damel (pièce en trois actes), Présence Africaine, 1965.


Le théâtre de Sorano

Cette scène porte le nom du comédien franco-sénégalais Daniel Sorano. Le Festival Mondial des Arts Nègres (1e Festival) 1966.

Au début de la période postérieure à notre indépendance nationale, le théâtre historique est massivement représenté sur les planches, devant un public constitué de la Moyenne bourgeoisie de l’époque et d’intellectuels sénégalais ou appartenant à la coopération et à la diplomatie.

Aimé Césaire : La Tragédie du Roi Christophe (1963) jouée au Festival de 1966 avec Douta Seck

Docteur Birago Diop : La comédie avec la mise en scène de L'os de Mor Lam (pièce publiée aux NEA, en 1966)

Années de théâtre populaire et à la Radio avec Ibrahima Mbengue, (père de Sokhena Benga écrivaine), réalisateur de la pièce radiophonique Makhourèdia Guèye, chauffeur de taxi


Scénaristes

Félix Morisseau-Leroy (Dramaturge, poète et journaliste) et tant d’autres, pour fuir la répression du dictateur François Duvalier (1907-1971), autoproclamé président à vie de 1964 à sa mort en 1971, s’installent à Dakar, avec l'aide du Président Senghor.

Gérard Chenet

Ousmane Cissé Madamel (homme de radio, metteur en scène. Aux Jeux de l’Amitié organisés en 1963, il assure la mise en scène de la pièce d’Amadou Cissé Dia, ancien président de l’Assemblée nationale, Les derniers jours de Lat-Dior et encadre la jeune troupe Daaray Kocc.

Maurice Sonar Senghor était comédien et metteur en scène ; premier Directeur du Théatre Sorano.

Jean-Pierre Leurs, acteur et metteur en scène

Boubacar Guiro, ancien pensionnaire du Théâtre National Daniel Sorano et scénariste ; acteur de cinéma.

Hors de Sorano, antérieurement et parallèlement, le Cercle de la jeunesse de Louga (créé en 1951), sous l'égide de Mademba Diop dit Mass, directeur artistique de la troupe, propose ses ballets et sa pièce fétiche Tanor Gogne Mamadou Seyba Traoré qui crée la troupe professionnelle « Le Nouveau Toucan » a été le créateur et l’animateur de l’émission « Clefs littéraires ».

  à suivre.


  Professeur Birahim Madior Thioune