Thiès, lieu de rayonnement culturel et scientifique : la ville et la région

Lieu de formation et d'échanges culturels et scientifiques, la vieille et glorieuse ville de Thiès est connue comme un carrefour que structure le chemin de fer, achevé en 1886, sous la houlette de l'administration coloniale, malgré la farouche opposition du Damel.

Le rail a constitué le ciment qui a donné à la ville son identité multiculturelle, avec une diversité de populations venant du Mali et du Niger qui ont donné son nom au chemin de fer. La ville a accueilli des guinéens, des mauritaniens, et bien d'autres communautés étrangères, par le passé. C'est un melting-pot harmonieux qui a modelé le tissu social de la ville. Mais c'est le pays tout entier, représenté par ses élites, dans différents domaines, qui se sont retrouvées, en se renouvelant, dans ses centres de formation d'instituteurs, d'ingénieurs et de maîtres d'éducation physique et sportive. Thiès était alors un haut lieu de formation intellectuelle de l'élite du pays et de l'Afrique noire subsaharienne.

Les espaces de la formation de l'élite d'hier à aujourd'hui

L'ECOLE NORMALE WILLIAM PONTY, à l'ancienne base aérienne, préparait une excellente sélection nationale à des études universitaires et aux métiers d’instituteurs bacheliers.

LE COURS NORMAL DE MBOUR : pour la formation d'instituteurs directement destinés à la profession enseignante.

Le CNEPS

Centre National d’Education Physique et Sportive, pour la formation de Maître d’éducation physique et sportive.

Le CFPS :

Centre de Formation Pédagogique Spécial qui forme des instituteurs bacheliers pendant une année. Les élèves maîtres titulaires du CFEN (Certificat d’aptitude à l’enseignement élémentaire) devront subir après quelques mois de préparation, une épreuve pratique sur le terrain pour être instituteur titulaire du Certificat d’Aptitude Pédagogique (CAP).

Le CFPR : pour la formation d’instituteurs qui seront titularisés, comme instituteurs adjoints, après l’obtention du Certificat élémentaire d’aptitude pédagogique (CEAP).

L'ECOLE POLYTECHNIQUE DE THIES (EPT) créée en 1973 et dédiée à la formation d'ingénieur

L’ÉCOLE NATIONALE DES OFFICIERS D'ACTIVE (L'ENOA) : créée en 1981, n’était qu’un embryon au début des années 1960. Elle est responsable de la formation des officiers d'élite de l'armée nationale du Sénégal et d'autres nationalités, d'Afrique de l'Ouest et du Centre.

La BIBLIOTHÈQUE PEDAGOGIQUE : UNE INSTITUTION

Ce lieu mythique a servi de cadre à de grandes manifestations culturelles et à des conférences pédagogiques de haut niveau.

Aujourd'hui, de nouvelles infrastructures éducatives apparaissent et offrent des formations dans des domaines variés comme :

L´ECOLE NATIONALE SUPERIEURE D'AGRICULTURE DE THIES (ENSA) partie intégrante dès 2006 de l´Université de Thiès.

L'UNIVERSITE DE THIES  créée en 2005, baptisée en 2021 Université Iba Der Thiam (UIDT).

L’ÉCOLE DE L'ARMEE DE L'AIR (EAA) forme des techniciens en maintenance aéronautique et des pilotes.

LES INSTITUTS DE FORMATION PRIVÉS

Ce sont souvent des instituts supérieurs dont la maison mère se trouve à Dakar, la capitale du Sénégal, à moins de cent kilomètres.

A Thiès, la ville aux caïlcédrats, Senghor fonda une ECOLE DE TISSAGE ET DE TAPISSERIE dirigée par Papa Ibra Tall ; le professeur Babacar Diop actuel Maire, philosophe, militant politique et homme de culture, dressa une statue en l'honneur de Lat Dior Ngone Latir Diop. Illustre personnage de notre histoire nationale, le président poète l'avait élevé au rang de héros national et avait même placé, sous sa figure tutélaire, la langue wolof. En effet, dans la préface du recueil de poésie ("Yeete" de Mademba Diop dit Mass, alors directeur artistique du Cercle de la jeunesse de Louga et inspecteur de la jeunesse et des sports, Senghor associe à cette figure historique l'expression d'une langue vivante et conquérante, en l'occurrence le wolof, en la désignant par la formule "langue de Lat Dior", sur le modèle bien connu de la formule "langue de Molière" consacrée pour le français.

Thiès au futur

Un nouvel avenir dans les domaines scientifiques, culturels, artistiques est possible, dans cette région riche en potentialités minières et agricoles. Thiès peut et doit retrouver, en l’amplifiant, son rayonnement  et son bouillonnement culturel d'antan, avec le carré de villes phares que sont Thiès-Mbour-Tivaoune-Joal, par la création de structures de formation scolaire et universitaire, dans les domaines scientifiques, religieux et culturels. Il est important de mettre également en exergue les rôles joués par les autres pôles, celui du sport (en pensant au Club Olympique Thiessois (COT), club sportif d'envergure à l'époque, celui de la création artistique (en s’inspirant du passé et du souvenir de groupes comme les formations du « Cayor Rythme » et de nombreux musiciens traditionnels) et, enfin, celui de la spiritualité représentée par les foyers religieux susceptibles d'inspirer de futurs projets socio-économiques et culturels.


Pr. Birahim Madior Thioune