II- Les apprenants et l'E-éducation
En France, dans l'histoire des idées, la "dégringolade" a commencé depuis mai 68 et s'est traduite, très concrètement :
- la disparition de l'estrade en classe : l'élève face au maître
- l'élève invité à collaborer à la définition des objets d'enseignements, au même titre que l'enseignant
- la fac pour tous.
On peut ajouter :
- l'abandon du format de soutenance de thèse (cérémonial et surtout port de toges). Il y a quelques échos lointains dans nos écoles et dans nos jeunes universités africaines, comme au Sénégal :
- le savoir pédagogique ancien (d'inspiration behavioriste, imitation de modèles) pédagogie par les objectifs remplacée par une méthode réalisée avec l'élève (constructiviste) ou pédagogie par compétence.
- le Master pour tous, et, bien en aval, l'entrée en classe de 6e pour tous.
Mais au tournant des années 2015, l'enseignement à distance a fait ses preuves, sur le plan cognitif et en évaluation professionnelle des enseignements. Toutefois, c'est par la dimension collective qu'elle présente des faiblesses, même si le travail en réunion est parfois possible. A l'école élémentaire, l'IA répond aujourd'hui à toutes les questions ou presque. Par conséquent, le maître doit donner la priorité à l'enseignement de la compréhension. C'est dire que l'esprit de méthode doit également supplanter l'encyclopédisme débridé. La tentation du modèle de transmission verticale, déjà dénoncée par Montaigne, dans le livre I des Essais (1580), hante sous sa version ultra moderne nos systèmes d'enseignements et de formation. L'accumulation seule ne suffit donc plus, puisque la machine le fait mieux que l'humain. Tout est dans les savoir faire qui requièrent des capacités, comme dans les cas de la création artistique (écrire une œuvre poétique ou romanesque, etc.,).
(A suivre)
Pr. Birahim Thioune
