Drogues dans nos murs : un grand péril
(Sur TFM-DAKAR)

Kush, volée, souss Peroxyde d'azote, Fentanyl, crack..... drogues de synthèse

C'est en vérité un discours responsable et engagé que nous avons entendu, comme c'est le cas généralement, dans "Jakaarloo", et qui reconnaît à leur juste mesure les efforts de l'Etat central et de ses démembrements (police, douane, gendarmerie).

Le plaidoyer de Badara Gadiaga grand tribun et communicateur crédible, vaut dix séminaires.

Terrifiant !

Par la précision de l'information et l'expressivité que revêtent ses propos, il a ébloui et inquiété à la fois, devant une situation où, semble-t-il, les garçons sont en plus grand péril que les jeunes filles.

C'est effrayant !

Peut-être ne reste-t-il plus qu'à accueillir alors de nombreux cas de santé mentale, si des mesures vigoureuses et salutaires ne sont pas prises. Les corps abîmés, les cerveaux détruits et les relations familiales défaites évoqués par les récits glaçants, des uns et des autres, incitent à attaquer, sans tarder, le mal à sa racine. Certes, des efforts ont été faits, en termes de création de structures ou lieux de désintoxication (avec la contribution significative du Président Youssou Ndour), comme le Centre Jacques Chirac essoufflé, aujourd'hui. Il faut d'ailleurs saluer, au passage, le travail immense de Mame Matar Guèye "Jamra" en amont, sur toutes les questions de société.

Il est de notre devoir de nous interroger sur la vraie place de nos enfants dans nos pensées et nos cœurs ? grave question rappelée par Malal Talla dans sa prise de parole. La solution pour lui est l'effectivité du dialogue à nouer au sein de la famille. Car, comme tout le monde le voit où le vit, celle-ci a sans doute besoin de mutations en son sein, pour anéantir certains tabous rétrogrades. A défaut de ce dialogue nécessaire, on peut être sûr que tout peut arriver chez nous, sous l'emprise de fléaux sociaux comme la drogue et la sombre luxure.

En définitive, la question qui se pose, c'est celle de la nature de l'éducation que nous devons offrir en famille à nos enfants, de nos jours.

Le combat concerne d'abord la drogue accessible, non réprimée (alcool médical, diluants et autres, chanvre, etc.), mais également et surtout la drogue dure (cocaïne, crack, etc.), puisque les effets restent les mêmes, sous forme d'état dégradé du corps et des fonctions cognitives.

Mais en réfléchissant sur quelle chute donner à ma contribution, je me suis souvenu soudain que j'avais produit sur le sujet un texte, dans les colonnes du quotidien Le Matin. L'écrit en question, paru dans la chronique éducation que j'animais à l'époque, dans sa livraison du jeudi 3 septembre 1998, était intitulé : "Enfance, alcoolisme et drogues". Je vois très clairement, avec ce numéro de "Jakaarloo" du 18 septembre 2026, à quel point le mal a empiré, mais les conséquences désastreuses restent les mêmes.

Constats :

De façon schématique, la prise en charge de l'enfance pourrait se recentrer sur deux pôles :

Les parents, pour une éducation plus exigeante au foyer, mais qui prévoit, comme dans l'éducation traditionnelle, une formation appropriée et adossée aux valeurs du milieu ; l'Etat, dans l'extension accrue de sa responsabilité régalienne sur la surveillance de la "rue" (dénomination qui englobe les abords des établissements scolaires et le petit commerce ambulant), au même titre que sur le financement consenti (toutes proportions gardées) dans la lutte transfrontalière, contre le trafic de la drogue et contre tous autres types de criminalité. Le problème est très sérieux parce qu'il est en rapport avec tous les fléaux sociaux qui gangrènent notre société. Notre pays, devenu plaque tournante de stupéfiants extrêmement dangereux (Peroxyde d'azote, Fentanyl, crack...), ne fait pas que nous étonner et nous émouvoir, il réclame des mesures draconiennes pour réprimer le crime transfrontalier perpétré de plus en plus par les narcotrafiquants, le terrorisme et les activités criminelles internationales.

Solutions envisagées :

✓ La plus immédiate, c'est de trouver les bonnes parades à l'anxiété, à l'apathie et au manque d'énergie des jeunes, en les préservant surtout contre les méfaits des stupéfiants.

✓ On devra lutter énergiquement et de façon concomitante contre l'addiction numérique et toutes les autres formes de dépendance, nuisibles au plein épanouissement de la jeunesse. Pour cela, il convient de s'atteler, sans relâche, au combat difficile à gagner de la souveraineté numérique.

✓ Enfin, il est urgent de procéder, rigoureusement, au réaménagement du Code des drogues, par l'allongement de la liste connue, en y adjoignant les nouvelles drogues synthétiques.

En tout cas, ce que les animateurs de cette émission télévisée et ses invités ont prouvé, ce soir-là encore, c'est leurs capacités indéniables à mener les grands débats citoyens, sur toutes les questions brûlantes de notre avenir national.

Bravo ! "TV futur Média" à travers Boubacar, Malal, Badara, Jean-Paul et toute l'équipe de presse.

Pr. Birahim Thioune