L’affaire Orélien
(Extraits d'un essai littéraire en cours de rédaction)

Comment un auteur s'est-il singularisé dans la création d'un produit déclaré, en dernière instance, artificiel et pourtant non reconnu par l'intelligence naturelle qui l'a consacré avant de le renier ? C'est proprement vertigineux ! Entre-temps, il a fallu, dans le doute, s'en remettre au verdict de la machine. Mais si la machine s'est reconnue dans cet écrit, cela peut vouloir dire que l'écrivain s'est fait prendre dans un mauvais jeu, consistant à traiter par le ridicule des sujets graves, ce qui a fini par lui coûter le discrédit que l'on sait.

Et si Orélien utilisait le burlesque et la dérision de l'IA ou du langage des machines basé sur la reprise monotone.

Au courant du 20e siècle, deux écrivains ont particulièrement soulevé l'ire des bien-pensants : Louis Ferdinand Céline, auteur du livre Voyage au bout de la nuit (1932) qui obtint le prix Renaudot, pour son premier roman, puis Ahmadou Kourouma dont on a dit également pour son premier texte romanesque : "c'est intolérable" ! Le livre paraît finalement aux Presses de l'Université de Montréal, sous le titre fort imagé Les soleils des indépendances (1968) ; mais malgré tout on a crié "aux malinkismes" (sa langue maternelle est le malinké). Césaire était inégalable en langue française, et il n'avait rien demandé. Rien ne lui fut offert ou presque, en termes de prix institutionnels ; on fit semblant de l'épargner. Mais cette fois, la coupe est déjà pleine avec un "béjaune", pour ainsi dire, qui osa montrer, à travers un héros fuyard, comment il ne faut jamais parler le français, dans un livre s'adressant au gratin des lettres et aux beaux esprits. Mieux, même dans un monde déshumanisé, il a prôné "l'impossibilité de s'abstenir de rire" du malheur et de blasphémer sans arrière pensée. Bien sûr, comme dit la fable du bon La Fontaine "on le lui fit bien voir ".

(A suivre)

Pr. Birahim Thioune